24 heures avec Jamil et ses potes. Ils ont entre 15 et 19 ans et se retrouvent plusieurs fois par semaine au Trocadéro ou sur le parvis du Palais Tokyo, sous les regards des bas reliefs d’Alfred Janniot. 

Dans le brouhaha ambiant des claquements de roues contre le bitume, ça transpire sec, y a du poil timide, des torses fièrement nus, de l’acné vaillant, ça boit des sodas, ça s’empiffre de bombecs, ça quémande des clopes aux plus âgés tandis que d’autres roulent tranquillement des joints qui passent de main en main, de bouche en bouche. 

Pas très Covid tout ça ....  Mais ces ados là semblent invincibles.

Quant aux contrôles de police ? Ça leur passe au-dessus, ils refont une attestation toutes les heures et le tour est joué. 

Même s’ils habitent en proche banlieue ou d’autres arrondissements de Paris, ici c’est chez eux. Il arrive cependant parfois, aux petits princes, de quitter leur palais de Tokyo direction Porte Maillot, pour rider, entourés de grues, en plein chantier Eole. 

lls ont choisi un sport, un univers, une nouvelle famille, un monde à part avec ses codes vestimentaires et son langage propre. 

Leurs voix en mue laissent échapper des phrases bien à eux  : « Tu dois être à l’aise en fakie si tu veux pas te planter » , « J’ai réussi mon premier half-pipe » , « T’aurais du voir mon grind, c’était vraiment un grind de Satan”, « Celui-là il n’est pas dar, c’est un poser ».

Ils vivent dans un espace temps différent où la jeunesse ne file pas encore entre les doigts, où il n’est pas question de se soucier de quoi que soit. Études, skate, brossage de dents et allez, hop, ollie ! 

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