MSA



Paris. Chaque quartier abrite des personnages excentriques aux visages familiers. 

Sandrine, cadenas au cou, déambule dans les rues du XXe arrondissement, poursuivant ses habitudes et ses chimères.

Sandrine, 35 ans, sans âge, une esthétique physique peu commune.

Confinée au dedans d’elle, elle rôde, casque aux oreilles. Sa journée est rythmée au son de ses CD de techno.

J’ai rencontré Sandrine par hasard, à la terrasse d’un café alors que la serveuse lui faisait remarquer qu’il faut être bien triste pour se faire tatouer des larmes d’encre sur le visage. Sandrine s’est alors tournée vers moi pour me demander ce que j’en pensais. Nous avons sympathisé et je l’ai revue de nombreuses fois, durant plusieurs mois. Elle m’a dépeint sa vie, entre réalité, folie et fantasmes. Un parcours terrible, celui d’une enfant abandonnée, passée d’une famille d’accueil à l’autre, devenue mère puis grand-mère, sautant régulièrement de la case prison à l’internement.

Pour se rappeler qui elle est, ne pas se perdre tout à fait, elle a tatoué ses initiales sur sa main. M.S.A.

A l’image d’Antonin Artaud qui magnifie sa folie par l’écrit, Sandrine la grave sur son visage, son corps, enfantant par là une nouvelle apparence. Elle veut exister, elle veut être vue et reconnue aux yeux de tous bien que paradoxalement elle ne supporte pas les regards étrangers. Elle se sait hors-norme et veut être immortelle. La photographie est un médium qu’elle accepta de côtoyer comme un adjuvant à cette quête d’éternité.

J’ai voulu, à travers cette série, faire le portrait d’une femme hors cadre, parvenue malgré tout à se recréer un monde, régi par des codes et des référentiels qui lui permettent d’avancer selon ses propres règles. Elle en devient presque inhumaine. Elle est bien plus que cela. Une âme vagabonde.

MSA-DIAPORAMA

Ce diaporama présente les photographies de la série photographique, « MSA », consacrée à une femme hors normes : Sandrine.

Y sont entremêlés des enregistrements audio de Sandrine et un extrait du « Malade et les Médecins » de et part Antonin Artaud, texte sur la folie et la maladie que traverse l’écrivain depuis des années. J’ai choisi d’accompagner ce projet du texte de l’écrivain dans la mesure où celui-ci sublimait sa folie par l’écriture. Tandis que Sandrine la retranscrit à travers la transformation de son corps.

Quelques secondes d’un clip de rap – 25G et Seth Gueko « Les Caborchards » viennent conclure cette vidéo. On peut y apercevoir Sandrine ; c’est là l’objet de sa fierté qu’il me semblait important de montrer.

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